
Conseil d’affaires Kazakhstan–Belgique : les ports d’Anvers-Bruges et d’Aktaou, les minerais critiques et la protonthérapie
Le 13 octobre, Astana a accueilli la 4e session du Conseil d’affaires kazakho-belge, en présence du président Kassym-Jomart Tokaïev, du roi Philippe et de la reine Mathilde, rapporte le service de presse de l’Akorda. Le discours d’ouverture de la réunion a été prononcé par Denis Van den Weghe, président du Conseil d’affaires kazakho-belge et de la Chambre de commerce BeNeLux.
Discours de Denis Van den Weghe. En ouvrant la réunion, le président du Conseil d’affaires a remercié les partenaires kazakhs et belges pour leur engagement en faveur du renforcement des liens économiques entre les deux pays. Après près de 17 ans au Kazakhstan, a-t-il dit, il a vu l’économie du pays évoluer, de nouvelles industries émerger et de nouvelles opportunités s’ouvrir aux entreprises internationales, et il apprécie particulièrement la capacité du Kazakhstan à s’adapter à un contexte changeant. La Belgique et le Kazakhstan, a-t-il souligné, ont des atouts différents mais très complémentaires : la Belgique apporte son expertise en logistique, ingénierie, technologies, chimie, pharmacie et agriculture, le Kazakhstan une position géographique stratégique, d’importantes ressources, un environnement des affaires dynamique et l’accès à des marchés régionaux importants. La coopération fonctionne dans les deux sens : il existe des opportunités pour les entreprises belges au Kazakhstan comme pour les entreprises kazakhes en Belgique. « Les partenariats les plus solides sont ceux dans lesquels les deux parties apportent de la valeur et en tirent profit », a-t-il insisté, en y voyant le principe qui guide le Conseil d’affaires : rapprocher les entreprises, faciliter le dialogue et transformer les opportunités en projets concrets.
Les chiffres. Selon Tokaïev, la Belgique figure parmi les dix premiers investisseurs au Kazakhstan : au cours des deux dernières décennies, les entreprises belges ont investi plus de 15 milliards de dollars dans l’économie du pays. Plus de 100 entreprises belges et coentreprises opèrent au Kazakhstan dans l’agro-industrie, la santé et la pharmacie, les technologies de pointe et l’énergie, dont Jan De Nul, Sarens et Ahlers. Les échanges ont progressé de près de 10 % sur les huit premiers mois de l’année, et le Kazakhstan est le premier partenaire commercial de la Belgique en Asie centrale.
Logistique. Le Kazakhstan investit dans la modernisation des voies ferrées et routières, des ports maritimes et des terminaux le long du Corridor médian. Le président a dit compter sur un partenariat concret entre le port d’Anvers-Bruges et les ports caspiens d’Aktaou et de Kouryk, qui ouvrirait des marchés plus larges aux produits métallurgiques, pétrochimiques et agricoles kazakhs.
Minerais critiques et industrie. Le Kazakhstan produit déjà 21 des 34 matières premières jugées critiques pour l’industrie européenne et fournit à la Belgique du titane et des produits à base de molybdène. Tokaïev a cité en exemple de coopération industrielle le partenariat entre John Cockerill et Qarmet pour créer des capacités de galvanisation et de revêtements protecteurs. Les entreprises belges ont été invitées à participer à l’exploration géologique, à la transformation poussée des matières premières et des métaux, à la pétrochimie, à la chimie et à la production de polymères.
Énergie, IA, santé, agriculture. Parmi les autres axes figurent les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la décarbonation de l’industrie et la production d’hydrogène ; l’intelligence artificielle et les technologies (les projets AlemAi et Alatau City, et les solides positions de la Belgique dans la recherche sur les semi-conducteurs) ; la coopération avec IBA pour élargir l’accès à la protonthérapie ; la transformation agricole et l’utilisation efficace de l’eau et des terres. Le président a invité les entreprises pharmaceutiques belges à produire au Kazakhstan.
Le roi Philippe a présenté la Belgique comme une porte d’entrée vers le marché de l’UE et le Kazakhstan comme un maillon clé de l’Eurasie, et a appelé les entreprises des deux pays à intensifier leur coopération dans l’énergie, les minerais critiques, les transports et la logistique, la finance et le tourisme. Les deux pays sont éloignés, a-t-il souligné, mais « remarquablement proches » par l’ambition, le pragmatisme et la détermination.
Documents signés. Au cours de la réunion, des entreprises et organisations belges et kazakhes ont signé 16 documents. Parmi les signataires figurent Ahlers Logistics, Borusan Makina Kazakhstan, De Smet Engineers & Contractors, Desmet, Dewulf, IBA, Proviron, Vandeputte, Linagro, Scaldis-Ruien, Bagashar Aviation, AlemAgro Holding, Olzha Agro et l’akimat de la région d’Akmola.
Ce que cela change pour le Benelux. Dans la Déclaration conjointe adoptée le 12 octobre, le président et le roi ont salué le travail du Conseil d’affaires, confirmé les priorités — minerais critiques, pétrochimie, industrie et construction mécanique, transports, logistique et énergies renouvelables — et souligné le rôle de la route transcaspienne et le potentiel agricole. Les parties ont également salué l’entrée en vigueur du protocole modifiant l’accord entre le Kazakhstan et les pays du Benelux sur l’exemption de visa pour les titulaires de passeports de service.
Photo : service de presse du président du Kazakhstan, Arman Mustafin.
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